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jeudi 13 août 2015

4ème Carnet - 1er février 1919

1er février. – Sur Degas.
Moïse de Camondo (1860-1935)

« Il était devenu férocement antisémite au moment de l’affaire Dreyfus, me raconte Durand-Ruel, et probablement parce qu’il avait beaucoup d’amis israélites, pour les ennuyer, mais ses amis israélites s’obstinaient à ne pas prendre son antisémitisme au sérieux. May le blaguait. Camondo, pour l’inviter à dîner, lui envoyait sa maîtresse ; mais comme il refusait de venir, elle lui disait : « Mais moi, je ne suis pas juive. – Oui, répondait Degas devant vingt personnes, mais toi, tu es une putain ! »

Degas : Portraits à la Bourse (1878-1879 (1)

Degas, à l’époque du procès, arrive un jour chez nous et nous dit : « Je vais au Palais. – Pour assister au procès ? – Non, pour tuer un juif. »
Mme Halévy, une protestante, l’invite à dîner. « Mais promettez-moi, lui dit-elle, de ne parler ni de politique, ni de religion, il n’y aura que des israélites et des protestants. Degas promet. Dîner agréable ; Degas, encore plus brillant que de coutume, ne parle que d’art et, vers le dessert, raconte que, le jour même, il a eu un modèle, une femme qui lui a dit que Dreyfus n’était peut-être pas coupable. « Tu es juive, toi ? » lui dit-il. « Non, monsieur, je suis protestante. – Ah ! tu es protestante, eh bien, f… le camp ! »
Durand-Ruel continue : « C’était un être fantasque ; il ne voulait pas que ses amis lui achètent de ses toiles, et il nous avait envoyé une lettre avec la liste des interdits. » Je demande à Durand-Ruel s’il possède beaucoup d’autographes de peintres. « Oui, beaucoup, répond-il, mais peu qui soient intéressants, à part ceux de Degas, toujours spirituels sauf quand il vous demandait de payer son loyer. Ah ! quand un de ses amis possédait une toile de lui, il fallait qu’il la gardât. Doucet avait vendu deux Degas. Un jour, il va chez le peintre dont la vue et l’ouïe avaient beaucoup baissé et qui exagérait ses infirmités quand ça lui servait. Doucet lui crie : « Vous me reconnaissez ? Je suis Doucet, je suis Doucet. » « Doucet, Doucet… », fait Degas, en cherchant « … Oui, j’ai eu un ami qui portait ce nom-là, mais il est mort. »

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Note de l'auteure du blog


Cette toile est plutôt une caricature antisémite. La personne centrale représente un banquier en haut de forme portant toutes les caractéristiques physiques des caricatures antisémites (nez crochu, barbe fournie, teint cireux, malingre, air hautain) et courtisée par deux autres personnes en haut de forme et aux caractéristiques « aryennes » (blond, teint très blanc, bien portant) le premier lui parlant à l'oreille et le second lui offrant son mouchoir en soie. L'impression mise en avant par ce tableau est très clairement que les juifs seraient les vrais « maîtres » de la finance et que les banquier seraient « à leurs pieds ».
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Extrait de Journal d'un collectionneur de René Gimpel - Edition Calmann-Lévy 1963

jeudi 16 juillet 2015

4ème Carnet - 16 décembre 1918

16 décembre. – Après la deuxième vente Degas.


Elle a atteint près de deux millions. Ce matin, je vais chez Durand-Ruel et je compte plus de cent vingt dessins et pastels, là, contre ses murs. Le syndicat a beaucoup racheté. Durand-Ruel me montre dans son bureau deux pastels, dont un est une femme vraiment décapitée par son cadre (n° 29 : Après le bain) et il me dit : « je l’estimais trois ou quatre mille francs et il a fait seize mille. Quant à l’autre pastel (n° 189 : Intérieur) étude pour un plus grand tableau, il fut mis sur table à quinze cents francs et il a été adjugé plus de quinze mille. Ce sont deux œuvres bien insignifiantes. »


Voici Vollard. L’ombre de ses sourcils fait la nuit sur ses yeux. Il parle beaucoup de ce qu’il écrit. Il a un fort accent auvergnat, cet homme des Iles ! La conversation reprend sur Degas, et Durand-Ruel dit : « Cet homme n’avait qu’un seul plaisir, se fâcher. Il fallait toujours être de son avis et toujours lui céder. » « C’est exact, reprend Vollard ; tenez, voilà tout l’homme : il devait déménager, il en était furieux. Je vais chez lui, gentiment, pour l’aider. Comme j’arrivais, il plaçait ses pastels à plat en pile sur le parquet. « Faites attention, lui dis-je, vous allez les « abîmer. Il faut mettre sur chaque toile du papier glacé et le fixer par-derrière avec « des punaises. » Comme réponse, Degas se met à flanquer de grands coups de pied dans les châssis, et, les repoussant et les poursuivant ainsi, il les redresse contre le mur dans un nuage effroyable de pastel et de poussière. »


« Quand il vendait, fait Durand-Ruel, comme il était dur, il aimait à vous étrangler ! » Vollard reprend : « Le lendemain d’un jour où je lui avais fait un gros achat, il m’a dit, en choisissant une toile : « J’ai du remords de vous avoir par trop écorché, je vais vous donner ce pastel. » Dans un éclair, deux façons se présentent à moi d’accepter, certain qu’une seule sera la bonne. Ou un « entendu » indifférent, ou la bruyante et joyeuse exclamation que je lui sers : « Ah ! comme vous êtes bon, monsieur Degas. » C’était la mauvaise. « Non, fait Degas, timide en reposant sa toile, décidément non, je n’en suis pas satisfait. »

Durand-Ruel, devant Vollard, répète ce qu’il me disait l’autre jour : « Quand il venait dans mes galeries, je le surveillais pour qu’il ne remporte pas une de ses toiles. » Vollard, qui n’est jamais à court d’anecdotes, nous conte celle-ci : « Degas voit chez moi un grand Forain et m’en demande le prix. Je lui dis : deux mille cinq cents francs, et il me propose un échange avec un de ses dessins rehaussé de pastel, je vais donc chez lui le lendemain et il me laisse emporter une femme nue d’environ trente centimètres de haut, mais l’après-midi je le vois paraître chez moi et il fait : « Non, décidément, ce dessin ne me plaît pas, je vais l’améliorer. » Je le laisse faire, heureux à l’idée d’avoir un dessin plus complet. Quelque temps après je le lui redemande. Il avait l’habitude de recalquer les dessins qu’il étudiait, mais sans suivre la ligne, et toujours en les agrandissant. Il me montre ma femme nue, elle avait gagné dix centimètres. « Mais je n’en suis pas satisfait. » remarque-t-il. A la neuvième étude – cela durait depuis des années – ma femme nue avait fort grandi, elle avait atteint près d’un mètre. Degas, devant une réclamation très ferme, me répond : « Vollard, il faut attendre, parce que mon modèle est enceinte. » Un an après, il m’annonce que son modèle a perdu sa taille et qu’il ne pourra jamais terminer cette étude. Heureusement, ajoute Vollard, je ne lui avais jamais livré mon Forain. »


Pour finir, c’est l’histoire d’une somme d’argent que Vollard devait à Degas. Il prend rendez-vous avec l’artiste pour aller avec lui verser la somme dans la banque où il avait son compte, mais Vollard en est empêché et fait alors opérer un virement puis adresse au peintre une lettre recommandée pour l’aviser que l’argent est déjà à la banque. Degas, éperdu, se précipite chez Vollard et hurle : « Comment voulez-vous que je touche dans une banque de l’argent que je n’ai pas versé ? » Et Vollard ajoute : « C’était le fils d’un banquier. »

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Extrait de Journal d'un collectionneur de René Gimpel - Edition Calmann-Lévy 1963

jeudi 26 février 2015

1er Carnet - 14 mai 1918

14 mai. – Chez le bibliophile Gallimard. 

Je pense qu'en 1918 Gimpel parle de Paul Gallimard, le père de Gaston (né en 1881 ce dernier n'avait alors que 37 ans et ne peut donc être qualifié de vieux général)... Paul lui, par contre est né en 1850 et affiche 68 ans. 
Paul Gallimard par Toulouse Lautrec

Ou plutôt chez l’actrice Diéterle, 68, boulevard Malesherbes. Gallimard* : type vieux général Napoléon III à barbiche. Une longue carotte en place de nez.

Les Fleurs du Mal illustrées par Rodin

Son plus beau livre, c’est Les Fleurs du mal illustré de vingt-sept dessins de Rodin**. Le miracle du sculpteur c’est d’avoir du vers de Baudelaire extrait et matérialisé son mâle et sa femelle. 
Gallimard me dit : « Je possède quinze cents des deux mille bois qui illustrent les principaux livres du XIXe siècle. Le lendemain de la mort des grands graveurs, je courais chez leur veuve ou voyais leur famille et j’achetais leur œuvre gravé. J’en ai fait des occasions ! » Ses yeux luisent. Quel livre à écrire sur la cruauté de l’amateur !

Ambroise Vollard

Pendant qu’il s’entretient avec moi, j’ai les yeux fixés sur un homme qui parle à Diéterle. C’est Vollard***, le plus riche des marchands de tableaux modernes. Il possède dix millions.


Hommage à Cézanne (1900) , Orsay , par Maurice Denis (1870-1943) , de gauche à droite : Redon / Vuillard / Mellerio / un homme qui tient le chevalet / VOLLARD / Sérusier / RansonN / Roussel / Bonnard / Marthe Denis.

L’origine de sa fortune date du jour où, dans l’atelier de Cézanne, il trouva l’artiste déprimé, et où il lui acheta environ deux cent cinquante toiles à une moyenne de cinquante francs pièce. Il en céda quelques-unes mais garda le plus grand nombre jusqu’au moment où il put les vendre entre dix et quinze mille francs pièce.

Illustration de Degas pour la Famille Cardinal de Halévy

— Savez-vous, Vollard, lui demande Gallimard, comment les experts présenteront, dans la prochaine vente Degas, les dessins qu’il fit pour illustrer La Famille Cardinal de Halévy**** ? 
— Ils les réuniront en un seul lot. Halévy n’a pas pu comprendre le talent de Degas, mais Mme Halévy, qui l’admirait, lui disait de préparer des dessins, et elle l’assurait qu’elle convaincrait son mari, mais elle échoua. Halévy choisit le lamentable Morin.

Portrait de Ludovic Halévy (1834-1908) pour la Famille Cardinal par Degas

Gallimard ajoute : 
— Moi, je suis allé trouver Degas et lui ai demandé le prix du lot Cardinal. Il m’a répondu : quinze mille. J’acceptai aussitôt, mais le soir il m’envoyait un mot : Il me faut quatre-vingt mille francs du lot Cardinal. 
Vollard s’écrie : 
— Les artistes sans talent ont seuls une parole.

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Notes de l'auteure du blog

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Son père de Gaston Gallimard, Paul Gallimard (1850-1929), est un rentier qui traduit les œuvres de John Keats pour Le Mercure de France et collectionne les livres rares, comme il le fait des tableaux impressionnistes. Il est ami avec Auguste Renoir. Il fréquente aussi les théâtres. Il a épousé Lucie Duché (1858-1942).

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Sur le site du Musée Rodin
CHARLES BAUDELAIRE (1821 -1867) LES FLEURS DU MAL Édition originale de 1857, illustrée par Rodin en 1887-1888 H. 18,7 cm ; L. 12 cm D.7174 Paris, Poulet-Malassis et de Broise. Cet exemplaire de l’édition originale de 1857 appartenait à l’éditeur et bibliophile Paul Gallimard. C’est grâce aux interventions de l’architecte et critique d’art Frantz Jourdain que Rodin reçoit la commande pour l’illustrer. La reliure en maroquin brun est réalisée par Henri Marius Michel. Sur le premier plat, un cuir incisé et mosaïqué représente en demi-relief une tête de mort de ton ivoire sur un pied de chardon vert foncé.
 En à peine quatre mois, à la fin de l’année 1887- début 1888, Rodin, dont on connaît l’attachement à la poésie et à Baudelaire, travaille sur ce projet, et ses dessins au trait ou ombrés, au fond hachuré et aux cinq lavis sur papier japon, chargés d’encre et de gouache qui furent insérés par la suite. Conçus pour l’occasion, ou antérieurs, comme ceux inspirés de Dante, ces dessins apparaissent en frontispice des poèmes ou envahissent parfois le texte.
Cet exemplaire unique a pu être acquis en 1931 par le musée Rodin, grâce à la participation de MM. David Weill et Maurice Fenaille.

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Ambroise Vollard est un marchand d'art, galeriste, éditeur et écrivain français né à Saint-Denis de La Réunion le 3 juillet 1866 et mort à Versailles le 22 juillet 1939. Il révéla Paul Cézanne, Paul Gauguin, Vincent van Gogh, Henri Matisse, Pablo Picasso1,2. Avant-gardiste en matière d'art moderne, il se lia d'amitié avec les plus grands peintres de la fin du xixe siècle et du début du xxe siècle. Passionné du Père Ubu d'Alfred Jarry, il était fasciné par la littérature.

Ambroise Vollard par Renoir

Fils de notaire, le jeune Ambroise quitte son île natale pour poursuivre des études à Montpellier, mais c'est à Paris qu'il fera finalement son droit. Il y développe une passion pour la peinture qui l'amène à ouvrir sa galerie d'art dès 1890. Il ouvre sa première galerie parisienne en 1893. Vollard expose par la suite de nombreux artistes majeurs comme Gauguin ou Matisse. Il en fréquente beaucoup d'autres, notamment Paul Cézanne ou Auguste Renoir, qui peindront son portrait, ainsi que les nabis. Il devient l'ami de Maurice de Vlaminck et contribue énormément à sa reconnaissance.
Vollard se lance dès 1889 dans l'édition et publie de nombreux poètes dans des recueils illustrés par autant de grands maîtres. C'est chez lui qu'a lieu en juin 1901 la première exposition de Pablo Picasso, jeune peintre espagnol récemment installé à Paris (et qui peindra également son portrait).
En 1914, la guerre l'oblige à fermer sa galerie parisienne. Par sécurité, il transfère ses tableaux dans la région de Saumur. Il ne rouvre qu'en 1919 après la fin des hostilités. Il meurt le 23 août 1929, dans un accident de voiture.
N'ayant pas pris le soin de faire un testament, son inestimable collection de plusieurs milliers d’œuvres est dispersée. Certains de ses tableaux se retrouvent dans les plus grands musées du monde ou dans des collections privées, d’autres se volatilisent à jamais
Source Wikipedia

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HALÉVY, Ludovic.- La Famille Cardinal. Illustré d'un portrait de l'auteur et de trente-trois monotypes en noir et en couleurs par Edgar Degas. Avant-propos de Marcel Guérin. Paris, Auguste Blaizot & fils, 1939 (1938 au colophon). Gr. in-4°. Relié par E. Maylander : plein maroquin bleu foncé, plats sertis de multiples filets dorés gras ou maigres et d'un listel de maroq. saumon, dos à nerfs et caissons ornés comme les plats, doublures de soie parme serties de cadres de maroq. bleu foncé ornés de filets dorés pleins ou pointillés, doublures de même soie, tranches dorées sur témoins, couv. et dos cons. Sous étui. 34 compositions en noir : portrait de l'auteur en noir en frontispice, 31 hors-texte dont 6 avec des couleurs lég. plus prononcées, 1 bandeau et 1 cul-de-lampe. En vue d'illustrer l'ouvrage, Degas montra ces monotypes à son ami Halévy mais ce dernier ne montra aucun enthousiasme. L'artiste rangea ses gravures qui furent mises en vente en 1928 et acquises par un groupe de bibliophiles qui céda le droit de reproduction à Blaizot. Le monotype étant un type de gravure tirée à une seule épreuve, c'est Potin qui fut chargé de reproduire au plus près les originaux. Tirage limité à 350 ex. sur vélin de rives filigrané au nom de l'éditeur, un des 325 mis dans le commerce (n° 300).
Source Icollectors

Ludovic Halévy, né à Paris le 1er janvier 1834 et mort à Paris le 7 mai 1908, est un auteur dramatique, librettiste d'opérettes et d'opéras, et romancier français.

Ludovic Halévy

Halévy créa les personnages de la famille Cardinal, symbole de la petite bourgeoisie parisienne pompeuse, pédante et méchante. Il est également l'auteur de deux romans, L'Abbé Constantin (1882) et Criquette (1883), qui furent de très grands succès de librairie à la fin du xixe siècle. En rupture avec la noirceur des romans naturalistes, ils dépeignaient un monde certes réaliste mais où tous les personnages sont bons et vertueux. Ce succès lui ouvrit les portes de l'Académie française, où il fut élu le 4 décembre 1884.

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Extrait de Journal d'un collectionneur de René Gimpel - Edition Calmann-Lévy 1963

dimanche 22 février 2015

1er Carnet - 7 et 8 mai 1918

7 mai. – Vente Degas. 

La Famille Bellelli de Degas - Musée d'Orsay

La première vacation a rapporté deux millions. Toutes les prévisions sont dépassées. Le Louvre a acheté à l’amiable le tableau de famille (n° 4) quatre cent mille francs*. C’est un des beaux tableaux du monde. Que n’a-t-il peint plus de portraits ! 

8 mai. – Occasions. 

Je n'ai pas réussi à trouver de photo de Georges Petit. Juste cette gravure de l'Illustration du 9 décembre 1905 intitulée : La vente de la collection Cronier** à la Galerie Georges Petit
On peut imaginer, d'après la description qu'en donne Gimpel, que Georges Petit ets l'homme debout à gauche, bien enveloppé. L'événement se situe 13 ans avant le journal de Gimpel, il a eu le temps de devenir obèse entre temps !!

Georges Petit***, qui a une figure de matou musqué, obèse et hydrocéphale, me dit : « Il y a quinze ou vingt ans, je suis entré chez tous les commerçants de Fontainebleau pour chercher les tableaux que Corot avait pu leur donner en paiement. Les deux plus beaux, je les ai trouvés chez une fruitière qu’il n’avait pas réglée pendant trois ans et à laquelle il avait dû quatre cents francs. Je les ai achetés douze mille et vendus cinquante. Ils vaudraient aujourd’hui deux cent mille francs pièce. »

Dessin de Helleu sur la première de son catalogue de la Vente Degas

Vente Degas. 

Elle intéresse le gros public. Il y avait, dimanche, six mille personnes à l’exposition. Elle se termine sur un total de six millions.

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Notes de l'auteure du blog

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Entre 22 et 26 ans, Edgar Degas achève sa formation en Italie, où réside une partie de sa famille. Il représente ici sa tante paternelle, Laure, avec son époux, le baron Bellelli (1812-1864) et ses deux filles, Giula et Giovanna. Le baron est un patriote italien, chassé de Naples, qui vit en exil à Florence. La baronne porte le deuil de son père, Hilaire, récemment décédé, dont le portrait est représenté sur la sanguine encadrée, juste à côté du visage de sa fille. En 1860, les deux petites filles, Giovanna et Giula, ont 7 et 10 ans. La mère est impressionnante de dignité et affirme une autorité un peu sévère, qui tranche avec l'effacement relatif du père. Ce tableau de famille évoque ceux des maîtres flamands, de van Dyck en particulier. Chef d'oeuvre des années de jeunesse de Degas, ce portrait évoque les tensions familiales qui murent chacun des personnages dans leur solitude. Le format imposant, les couleurs sobres, les jeux structurés de perspectives ouvertes (portes et miroirs), tout concourt à renforcer un climat de malaise. D'autant que des suggestions de fuite apparaissent, comme ce curieux petit chien coupé hors-cadre. Seule la position presque ludique de la fille cadette, croisant une jambe sous ses jupes, contraste avec la pesanteur de l'atmosphère tandis que sa soeur aînée semble déjà prisonnière des conventions des adultes.

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Rue de Sèze. La grande cohue. Quelque chose comme une émeute silencieuse,--autour d'une porte; la prise d'assaut d'on ne sait quoi par une foule très élégante qui, des deux rues voisines, afflue, se serre en interminables files au long des trottoirs, guette fiévreusement son tour d'entrer... C'est le grand spectacle de la semaine,--autrement sensationnel qu'une «première» aux théâtres du boulevard; un spectacle où ce n'est pas de l'émotion inventée et truquée, de la littérature qu'on nous sert, mais de la douleur «pour de bon», le dénouement du drame vécu dont un homme est mort. La vente Cronier! Tout Paris a voulu voir cela et, depuis cinq jours, la salle Georges Petit est une étuve. On s'écrase, on joue des coudes pour arriver jusqu'aux cimaises:
--Avez-vous vu le Gainsborough?
--Et cette Flore, ma chère! c'est le chef-d'oeuvre de Carpeaux.
--Moi, ce sont les tapisseries que je voudrais m'offrir. Ces cartons de Boucher! c'est le triomphe de Beauvais.
--Et le Watteau! Et les Fragonard!
--Il y a un Perronneau délicieux.
--Oui, mais Chardin!


--Et les La Tour, donc!...

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Georges Petit, né à Paris le 11 mars 1856 et mort le 12 mai 1920, est un galeriste et marchand d'art français, l'une des figures clés du marché de l'art de son époque à Paris. Il fut, avec son grand rival Durand-Ruel, et dans une moindre mesure Louis Adolphe Beugniet, l'un des principaux promoteurs des peintres impressionnistes. Son père, François Petit, fonda en 1846, au 7, rue Saint-Georges à Paris, la galerie François Petit. Georges Petit ouvre sa propre galerie en 1881 au 12, rue Godot-de-Mauroy à Paris et devient au fil des ans l'un des plus puissants acteurs du marché français de l'art. Il expose d'abord aussi bien des artistes académiques, appréciés par une clientèle bourgeoise fortunée1, que des artistes aux conceptions d'avant-garde. Ainsi, la galerie devient au fil des ans un lieu privilégié alternatif à l'exposition au Salon des artistes français; elle prendra ultérieurement pour adresse le 8, rue de Sèze à Paris. Georges Petit expose Claude Monet à partir de 1885 et Alfred Sisley vers 1886.
Source Wikipedia

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Extrait de Journal d'un collectionneur de René Gimpel - Edition Calmann-Lévy 1963

vendredi 20 février 2015

1er Carnet - 5 et 6 mai 1918

5 mai. – Lits à trois. 


Avec son second mari Rigo Jancsi.

Cadou m’écrit : « On vient de vendre à l’hôtel Drouot, me dites-vous, un horrible lit de trois mètres de large, bariolé d’amours et ayant appartenu à la princesse de Chimay* enlevée par le tzigane Rigo. J’ai passé mes treize premières années tout près de Chimay, où la conduite de la princesse était citée par les gens du pays avec ce mélange d’air scandalisé et de contentement à cause de l’orgueil local, songez donc, une princesse ! » 

Le lit de trois mètres de large me rappelle une histoire pouffante. Ma belle-mère a habité Garches ; elle faisait travailler un ébéniste qui lui avait raconté que Zola lui avait commandé, autrefois, un lit à trois. Rien ne peut rendre l’expression de scandale étonné de ma belle-mère. « Oh ! pensez-vous ! un lit à trois, ce vieux dégoûtant ! un lit à trois ! » Ma femme et moi en étions malades. 

 6 mai. – Vente Degas. 


Celle des propres œuvres de l’artiste. Elle commence chez Georges Petit. À aucune vente l’affluence ne fut si nombreuse. 

Portrait d'Henry Bernstein par Renoir


Un mot de Renoir. 
Georges Bernheim l’a entendu de la bouche de l’artiste et me le cite. Renoir avait peint le portrait de Bernstein**, l’auteur dramatique, qui ne lui fut pas payé ; alors le peintre : « Il aurait au moins pu me régler avec un bouquet de violettes. »


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Notes de l'auteure du blog

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CLARA WARD DE RIQUET (1873-1916), princesse de Caraman-Chimay (née Clara Ward).

C’était une riche américaine qui a épousé le 19 mai 1890 (1) Marie Joseph Anatole Pierre Alphonse de Riquet (1858-1937), 19ème prince de Caraman-Chimay. Elle s’est enfuie avec un violoniste gitan (2) Rigó Jancsi, ce qui a causé son divorce. Elle et le prince ont divorcé le 18 janvier 1897. Elle s’est remariée peu de temps après avec Rigo Jancsi et divorça ensuite, car il lui a été infidèle. Elle a rencontré ensuite (3) Peppino Ricciardo dans un train et l’épousa en 1904, mais ça n’a pas duré longtemps. Ensuite elle rencontra son quatrième mari le (4) Signore Cassalota un directeur de station de chemin de fer avec qui elle resta mariée jusqu’à sa mort en 1916. L’histoire de Clara Ward, qui a souvent été appelée « princesse de Caraman-Chimay », est mal connue aujourd’hui, mais voilà plusieurs années, au début des années 1890, elle était la coqueluche des États-Unis. À la fin des années 1890 et les années Édouadiennes, elle a passé beaucoup de temps dans la société et faisait partie des potins des deux continents. Elle a été largement connue enviée et admirée, désirée, détestée et méprisée. Son père versa 2.5 millions de dot pour se marier avec le prince. (Source les chroniques de Loulou)

La princesse de Chimay avec  le prince Joseph de Caraman-Chimay (1858-1937) son premier mari.

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Henri Bernstein ou Henry Bernstein (Henry Léon Gustave Charles Bernstein), né le 20 juin 1876 et mort le 27 novembre 1953, est un dramaturge français du théâtre de boulevard. Il devint célèbre en 1906 grâce au succès de son drame bourgeois Le Voleur. Avant la Seconde Guerre mondiale il connut un regain de célébrité grâce à un duel contre Édouard Bourdet, son rival dans le même genre théâtral. En 1911, il donne à la Comédie-Française la pièce controversée Après moi, dénoncée comme une œuvre « juive » et qui plus est d'un « juif déserteur », par ses détracteurs qui jugeaient qu'elle ne devait pas avoir sa place au théâtre. Cette représentation lui vaudra ainsi des manifestations tant antisémites que nationalistes comme celle organisée par Léon Daudet de l'Action française qui s'insurge moins contre la pièce que contre son auteur, à la fois en raison de ses origines juives et de son passé de déserteur (il avait en effet déserté durant son service militaire). Par la suite, Bernstein fut directeur du théâtre du Gymnase à Paris de 1926 à 1939 et y créa plusieurs de ses œuvres. Les représentations de la pièce sont interrompues par l'entrée en guerre de la France. Durant la Seconde Guerre mondiale, il s'était exilé aux États-Unis. Il écrivit Portrait d'un défaitiste, un portrait implacable de Pétain qui connut un grand écho dans la presse américaine.
Source Wikipedia

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Extrait de Journal d'un collectionneur de René Gimpel - Edition Calmann-Lévy 1963

lundi 2 février 2015

1er Carnet - 25 mars

25 mars. – Sur Boldini et Sem.

Photo de Boldini 

A Nice : 
— Bonjour, Boldini. 
— Comment buvez-vous votre café, Gimpel ? 
— Je n’en bois pas. 
— Depuis que nous n’avons plus de sucre, je le prends nature par horreur de la saccharine. Bien meilleur, bien meilleur ! 
— Alors, tous les grands peintres sur la Riviera, vous ici, Renoir à Cagnes, Miss Cassatt à Grasse… 
— Elle a perdu son vieil ami Degas, c’était le seul qui avait du talent. 
— Savez-vous que Renoir est bien malade ? 
— Qu’a-t-il ? 
— Des rhumatismes déformants. 
Boldini, toujours vipère : 
— Il a trop bu. Et les nouvelles, pas bonnes. Les Boches sont entrés à Péronne. Recul de plus de vingt kilomètres, ça va mal. 

Boldini en train de peindre, photo - Source Wetcanvas
Boldini dansant avec Ava Aastor, par Boldini - Source ici 

Boldini est très inquiet, je le rassure. Que ceux qui veulent se représenter l’artiste italien consultent les albums de caricatures de son inséparable Sem*. Avant Sem, on n’osait caricaturer que les hommes politiques ou les artistes, mais lui, le premier, s’est permis de mettre en coupe réglée, non seulement le demi-monde, mais le grand monde, et même il fit évoluer les deux sociétés sur les mêmes pages, comme dans la vie ; mais comme ces mondes sont restreints, le sac de Sem s’est rapidement vidé. Son audace lui fut facilitée par le fait qu’il était intime avec tous. Son dessin manque d’âpreté. Cet artiste n’est qu’un dilettante de la caricature, aussi n’a-t-il pu trouver l’occasion, même dans cette guerre immense, de se renouveler. Ses dessins ont juste l’esprit des gens qu’il nous montre ; et lui, qui en a tant dans la conversation, n’a jamais su planter une légende.


Son gros mérite est la ressemblance, il a su faire la charge sans défigurer. Très sarcastique, il a jugé que le visage humain fidèlement reproduit n’est le plus souvent qu’une caricature. Il ne restera pas. Mais si des chercheurs veulent connaître quelques-uns des personnages les plus insignifiants de notre époque, et à la fois les plus connus, qu’ils se reportent aux dessins de Sem ; ils auront leur image très exacte. Ils y verront des gens, comme Boni de Castellane et son ex-épouse née Gould, Mathilde Sée, Henri et Edouard de Rothschild, et d’autres que nous rencontrerons. 

Sem portrait photo agence Meurisse - Source Gallica
Sem par lui-même - Source le site consacré à Sem

Sem, lui-même, est une caricature. Il ressemble à un garçon épicier qui aurait voulu se faire jockey.

Sem caricaturé par Boldini

Un jour, il réunit dans un de ses albums tous les mollusques de Trouville, et là, si mes souvenirs sont exacts, il représenta Boldini en crabe. Boldini, haut comme un bouchon et rond comme un porc, possède, en effet, le corps et la tête d’un crabe qui se serait fait homme. 


Claude Debussy sur son lit de mort en 1918. Dessin de Friesz. (BNF Richelieu )

Claude Debussy est mort. 
On va commencer à le comprendre.
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* Voir le superbe site consacré à Sem
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Extrait de Journal d'un collectionneur de René Gimpel - Edition Calmann-Lévy 1963

jeudi 29 janvier 2015

1er Carnet - 20 mars 1918 (1)

20 mars. – Chez Mary Cassatt. 

Pauvres chevaux qui me conduisez de Cannes jusqu’à Grasse, vous aussi souffrez de la guerre, votre ventre ne connaît plus l’avoine. Ah ! les pénibles montées. L’heure s’avance et vous piétinez. Le cocher ne vous pousse pas, il sait que ce serait en vain. Vous allez faire attendre là-haut ma vieille amie !
Nous arrivons auprès de la villa Angeletto, à la sortie de la ville, sur la route des gorges du Loup. Avec ma femme et mes deux fils, nous descendons et suivons une étroite allée dont la pente est rapide, et qui nous conduit dans le jardin de la petite maison où demeure la célèbre artiste américaine qui, avec Whistler, fut la seule représentante de son pays dans cette pléiade de peintres qui créèrent l’impressionnisme.

Mary Cassatt en 1914 - Photographe inconnu

Hélas ! la grande amoureuse de la lumière est aujourd’hui presque aveugle. Elle qui a tant aimé le soleil et qui en a extrait tant de beauté, est à peine touchée par ses rayons. Ils réchauffent au moins son corps long et maigre de vieille femme, au type si anglo-saxon. Elle a adoré les fleurs et son jardin est désolé. Elle vit dans cette adorable villa posée sur la montagne comme un nid dans des branches. La vue s’étend très loin sur un paysage ondulé et parfumé, et le voile devant elle s’épaissit chaque jour.


Enfant au bain de Mary Cassatt 1891-1892

Elle prend entre ses mains les têtes de mes enfants, et, sa figure contre la leur, elle les regarde avec intérêt et me dit : « Comme j’aurais aimé les peindre ! » Mon cœur de père est flatté, car Mary Cassatt fut toujours assez indépendante pour refuser de faire le portrait de tout enfant qui n’était pas joli. L’hygiène de l’enfance et Mary Cassatt sont nées le même jour. Son enfant sort toujours du bain et est élevé à l’anglaise, au plein air. Degas a dit d’elle : « Elle peint le petit Jésus avec sa nurse anglaise. » Il lui manque peut-être la science de ses amis les Manet, Monet, Degas et Renoir, ce qu’elle-même avoue, mais elle possède à un très haut degré le sentiment.

Bombardement Paris mars 1918

Elle m’apprend qu’une bombe est tombée sur le 15 de la rue Laffitte, juste en face du magasin de Durand-Ruel où se trouvait toute la collection Degas qui doit passer en vente publique, mardi prochain. Elle se désole à l’idée que ces belles œuvres auraient pu être détruites. « Cette catastrophe, me dit-elle, aurait jeté dans la misère la nièce de Degas qui, par ses soins merveilleux, a au moins prolongé de trois ans la vie du grand artiste. »

Durand-Ruel par Renoir

Je lui raconte que Durand-Ruel, avec son amabilité habituelle, a passé une heure le mois dernier à me montrer les Degas empilés dans son magasin. Ce qui est presque invraisemblable, c’est ce nombre énorme de fortes ébauches, esquisses peu avancées mais bien intéressantes, auxquelles on ne peut donner aucune attribution. Sont-elles de Degas ou de quelques-uns de ses amis géniaux ? Impossible de le discerner. Durand-Ruel, qui connaît ses maîtres mieux que quiconque, s’est entouré des avis de tous ceux qui ont quelque compétence dans cette école, afin de jeter plus de lumière sur l’authenticité de ces toiles quand il en est temps encore.

Les peintures de Degas m’apportent une désillusion ; une légende s’est accréditée depuis tant d’années qu’il gardait ses plus beaux tableaux, qu’il ne les montrait à personne, que sa vente nous révélerait des aspects insoupçonnés de son génie. C’était exagéré. Il y a quelques jolis pastels, quelques très belles peintures ; mais combien de simples études qui ne nous enseignent rien, des notes pour le seul bénéfice de l’artiste ; tant de pastels pas assez poussés ou effacés : manque de soin, négligence condamnable ; certains pastels sont revêtus de trente années de poussière. Si bien que Durand-Ruel, afin d’éviter, si c’est possible, que des faussaires ne terminent ces pastels et même les peintures, a fait prendre des photographies très soignées de tous les Degas qui passeront à la vente, et il les donnera à toutes les institutions artistiques et bibliothèques de France et de l’étranger.

Degas, la fête de la patronne 

Mary Cassatt me demande si j’ai vu les eaux-fortes. Je lui dis que oui, mais je lui apprends que la famille a détruit les œuvres érotiques, ayant peur de voir, un jour, publier un « Degas érotique ». Durand-Ruel m’a montré La Fête de la patronne*, eau-forte qu’il a sauvée. Très nature comme ces dames !
De la collection de tableaux anciens de Degas, Mary Cassatt préfère Monsieur de Pastoret par Ingres. Elle a conseillé au Metropolitan Muséum de New York de l’acheter.


Aujourd’hui, Mary Cassatt parle beaucoup de son ami le collectionneur et milliardaire James Stillman**, mort à New York il y a trois jours. Elle dit : « Ses premiers achats furent deux belles tapisseries de Boucher, puis je lui fis acheter un Titien chez Trotti et deux Moroni qui venaient de l’archevêque de Trente. Il ne les a payés que cent soixante mille dollars (1).


Il existe de nombreux portraits de Titus par son père, Rembrandt. J'ai choisi, cela m'a paru le plus logique, celui du Metropolitan Museum de New York

Puis ce fut votre Rembrandt Titus du duc de Rutland (2), et vos deux Fragonard : Le Jardinier et la Vendangeuse, et le Vigée-Lebrun. C’était à peu près toute sa collection d’ancien avec un autre Rembrandt (3).

La vendangeuse de Fragonard

Il avait la manie de vouloir acheter mes toiles. Il en a environ vingt-quatre et j’espère qu’il ne les aura pas données à des musées ; mes tableaux sont pour le home, ils sont plaisants et agréables et ils n’apprennent rien au public ni aux artistes. »

Il se fait tard, le jour baisse, nous quittons Miss Cassatt qu’on ne peut malheureusement pas amener à parler de l’époque si intéressante de sa vie où elle fut la compagne des Monet, Manet, Degas et Renoir qu’elle vénère. Mais elle n’aime pas Gauguin, qui ne s’est jamais cru, dit-elle, un peintre. Elle appelle Whistler : un sauteur de talent, et Sargent : un farceur.

Portrait de la mère de Whistler : un sauteur ??


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Notes de l'éditeur du Journal d'un collectionneur
(1) A sa vente, ils ne se vendront environ que 40.000 dollars les deux. 
(2)  Depuis dans la collection Barton Jacobs, de Baltimore, mais presque détruit par un nettoyage de Duveen. 
(3)  Aujourd’hui chez Ringling, un ancien clown. (Note de 1929.)
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Note de l'auteure du blog
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Comme en témoigne le cadre luxueux formé par les tapis et les miroirs, Degas a dépeint les intérieurs des établissements les plus raffinés, qu’il avait l’habitude de fréquenter. Ce monotype représente un moment de réjouissance entre les pensionnaires d’une maison close en l’honneur de la maîtresse des lieux. Ces images ont été très peu vues du vivant de l’artiste, ce dernier n’ayant pas souhaité les exposer publiquement tant elles allaient à l’encontre des bonnes mœurs. Ambroise Vollard les a pourtant popularisées en les incluant dans l’édition illustrée de La Maison Tellier de Guy de Maupassant parue en 1934
Source Divartsite

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James Jewett Stillman (né le 9 juin 1850 et mort le 15 mars 1918) fut un important homme d'affaires Américain qui investit dans des propriétés foncières, des banques, et des compagnies de chemin de fer à New York, au Texas et au Mexique. Il bâtit l'une des plus grosses fortunes des États-Unis au début du xxe siècle.
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Extrait de Journal d'un collectionneur de René Gimpel - Edition Calmann-Lévy 1963