vendredi 17 avril 2015

2ème Carnet - 21 juillet 1918

21 juillet. – Saint-Thomas Church.
Source épiscopat ; l'église en 1918 avait encore sa flèche

J’ai une conversation avec le révérend E.M. Stires, et malgré sa modestie, je devine que c’est lui qui a construit cette belle église gothique au coin de la Trente-troisième rue et de la Cinquième avenue ; il n’en fut pas l’architecte mais l’âme.


Il a fait recommencer certains plans quatre et cinq fois et des dessins à l’infini et même en ce moment il n’hésite pas à demander à un même sculpteur pour une seule niche trois ou quatre épreuves en pierre.

Sur Paderewsky* et les Polonais.
Ignacy Jan Paderewski

Le secrétaire de notre concert de charité est le lieutenant O’Bden, de la Légion étrangère, fils d’un général irlandais, croix de guerre, médaille militaire, le bras droit presque paralysé. Envoyé en mission en Amérique. il en revint pour conduire en France un contingent de soldats polonais. « Ces hommes ont plus de trente et un ans, me dit-il, ils n’auraient donc pas à être soldats en Amérique, la limite d’âge étant de trente ans, mais ils vont se battre sur le sol de France pour l’indépendance de leur pays, de leur pays qu’ils ne connaissent même pas ; ils sont nés en Amérique, certains ne parlent pas l’anglais, le plus grand nombre à peine. Ils sont presque tous mariés, certains gagnent jusqu’à huit dollars par jour. Six cents Polonais, en moyenne, partent chaque semaine pour la France. Ils vont se faire tuer sur une terre qui n’est même pas la leur. Il y a peu d’exemples, chez aucune race, d’un tel patriotisme. J’ai aidé à leur recrutement avec Paderewsky, un être de génie. Je ne parle pas du musicien, mais de l’homme. »

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Note de l'auteure du blog

* Ignacy Jan Paderewski, ou Ignace Paderewski, né le 18 novembre (6 novembre) 1860 à Kuryłówka en Podolie (actuelle Ukraine) et mort le 29 juin 1941 à New York, est un pianiste, compositeur, homme politique et diplomate polonais. Son engagement pour la cause d'une Pologne libre et démocratique commence à se manifester en 1910 ; il fait d'abord deux dons importants pour la construction d'une salle de concert à Varsovie et l'érection d'un monument à Frédéric Chopin pour centenaire de sa naissance, puis une autre contribution financière importante pour l'érection d'une statue du roi Ladislas II Jagellon, pour le cinquième centenaire de la bataille de Tannenberg au cours de laquelle le roi avait remporté une victoire décisive sur les chevaliers teutoniques.
La Première Guerre mondiale
En 1914, dès le début de la guerre, il fonde à Vevey, avec Henryk Sienkiewicz et Henri Kowalski, un « Comité central de secours pour les victimes de guerre en Pologne » ; il en assure la vice-présidence durant la première année, puis devient son représentant aux États-Unis, jusqu'à l'indépendance de la Pologne. En janvier 1917, il rencontre le président Woodrow Wilson et lui remet un mémoire sur la Pologne, dans lequel il plaide pour une Pologne libre et démocratique, mais aussi viable par la libre disposition d'un large accès à la mer Baltique. Le président américain, dans son discours du 8 janvier 1918, prononcé devant le Congrès, inclut l'indépendance de la Pologne parmi ses Quatorze Points : « Un État polonais indépendant devra être constitué, qui inclura les territoires habités de populations indiscutablement polonaises, [État] auquel devra être assuré un accès libre et sûr à la mer, et dont l'indépendance politique et économique et l'intégrité territoriale devraient être garanties par engagement international. »
À partir de 1917, Paderewski assure les fonctions de représentant aux États-Unis du Comité national polonais (gouvernement provisoire en exil siégeant à Paris) et participe à l'organisation et de coordination de bataillons de volontaires polonais envoyés au combat sur le front français.
À la fin de la Première Guerre mondiale, Paderewski se rend en Pologne alors que le sort de la ville de Poznań et de toute la région de Grande-Pologne reste encore incertain ; le 27 décembre 1918, il harangue la foule avec une telle conviction que cela provoque soulèvement populaire contre l'Allemagne, dont l'armée occupe toujours la région.
L'après-guerre En janvier 1919, il devient Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de la Pologne recréée, fonctions qu'il occupe jusqu'en décembre. À ce titre, il est le chef des délégations polonaises qui signent le traité de Versailles le 28 juin 1919 et celui de Saint-Germain-en-Laye le 10 septembre.
Ignacy Paderewski en 1921
Ayant quitté le gouvernement, il rend encore de nombreux services comme diplomate au service de la Pologne, par exemple dans diverses conférences internationales, de juillet à décembre 1920, et, de septembre 1920 à mai 1921, comme chef de la délégation polonaise auprès de la Société des Nations.
Source Wikipedia

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Extrait de Journal d'un collectionneur de René Gimpel - Edition Calmann-Lévy 1963

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